A travers les dimensions [RP]

07-01-2012 à 15:03:54
Voilà deux semaines... Deux semaines qu'on s'est retrouvé seul, à la merci de tous, de tout... Deux semaines longues et pénibles où les survivants se sont battus, ont pleuré, ont crié, ont dégénéré... Deux semaines de dur labeur pour réparer les maisons, réunir les villageois et plus ou moins hiérarchisé la population... Deux semaines de découvertes où les aventureux ont exploré les alentours de la ville, où les chercheurs ont mis à jour l'apparition d'une nouvelle espèce... Deux semaines de folie, de peur, de stress, de misère, de pleurs, de deuil... Durant ces deux semaines fatidiques, James s'était donné corps et âme au village. Il transportait les blessés, il aidait à reconstruire le hameau à enlever les gravats, à soigner, à nourrir les autres. Il donnait tout ce qu'il avait, tout ce qu'il pouvait donné car, en tant que doyen, il avait la responsabilité de sauver le plus de vie humaine. Lors de la première semaine, la panique régnait. Il n'y avait que désordre et chaos. Seul quelques personnes saines d'esprit arrivaient encore à raisonner. Mû par leurs instincts de survie, ils se dirigèrent pour la plupart vers le centre du village. Quel ne fût pas leur surprise lorsqu'ils découvrir au centre de la place un chêne au moins millénaire, dressé ses longues branches vers le ciel recouvrant les lieux d'une ombre douce et calme. C'est alors que James choisit sa chance, il s'avança sur les marches de la mairie et d'une voix calme et grave qu'il ne pensait pas pouvoir prendre, il dit:
- Calmez-vous!
Cette seule parole, pourtant si simple et basique, fit l'effet d'un électrochoc dans la foule. Tout le monde s'arrêta et posa son regard sur le doyen. Au loin, le soleil se couchait et pourtant, James, qui avait peur du noir, fut plus calme et serein que jamais. Il prit son courage à deux mains et se lança. Il parla ainsi pendant deux heures. Deux heures pendant lesquelles la foule se statufia et ne perdit pas un mot de ce fabuleux monologue. James, quand à lui, n'en revenait pas. A chaque mot, il prenait de l'assurance. A chaque phrase, il se sentait mieux. Lorsque le flot continu de paroles rassurantes, de directives et de conseils s'arrêta, James retomba sur terre et la foule se ranima, calme. Puis les questions fusèrent qui ranima quelque peu la peur dans les rangs.
-Que va t'on devenir?
-Et nos enfants, ils sont où nos enfants?
-Je veux ma maman
-C'est bien beau tout ça, mais ça ne nous sort pas de notre pétrin. Comment va-t'on survivre?
James fut bientôt déborder et s'enfuit à toute jambe et ne refit surface que pour participer aux constructions. Les travaux avançaient bien et la ville reprenait vie. L'espoir fit ainsi surface. des gens recommençaient à rire,à chanter, mais ce serait mentir que de dire qu'ils étaient heureux. Il y avait toujours ces pleurs et ces cris que chacun connaissait, que James redoutait. Sans ne savoir pourquoi, il se sentait coupable de la catastrophe, il avait l'impression d'avoir déjà vécu tout ceci. Il pensait qu'il aurait pu éviter l'Apocalypse. Il aurait pu faire tellement, mais pourtant si peu. Les jours passaient, l'espoir augmentait, les sourires revenaient. On prit le temps d'apprécier l'irréalité de la situation, la beauté de ce nouveau monde, mais un jour l'horreur arriva. Et l'horreur, c'est aujourd'hui...

Cri d'horreur. Le peuple se réveille. Un homme épuisé s'avance sur la place du village. ses vêtements sont déchiquetés. Il est couvert de griffures et son visage est ensanglanté. Les jeunes sont vites écartés de cette image affreuse et les trois seuls médecins de la ville accourt pour le soutenir. James posté non loin, regarde la scène, attentif. Il est effaré par la taille et la profondeur des boursouflures. Qui a donc pu lui infliger ses horribles blessures? Il s'approche lentement, veillant à ne pas être trop vu et écoute l'échange des médecins.
-Ce sont des coups de griffes à mon avis de rat. Il faut à tout pris désinfecté ses plaies. dit le premier, un grand homme bronzé digne des plus grandes séries hospitalières
-J'aurais plutôt dit des que cela venait de griffes d’écureuils, mais vous avez raison, ces griffures tiennent plus du rat. Il vaudrait mieux lui donner de la morphine pour apaiser ses douleurs. dit le deuxième, un homme gros et mou
-Tout ... tout ... de ... de suite ... te bégaya le dernier, un étudiant maigrelet au teint pâle
Il tendit quelque chose au gros et alla ensuite chercher autre chose, certainement du désinfectant.
-Rrrreee... Nombreux ...
-N'essayez pas de parler, nous allons vous soigner. dit gentillement le premier médecin
-Griffes... Partout ... Supermarché ... Vite
-Il délire chuchota le gros
L'étudiant revint avec de l'alcool et James, pensant en avoir vu assez, s'éloigna.
Ce personnage m'intrigue, qui lui a fait ça? Un animal?
Tout en pensant a ce blessé grave, les pas de James l'amenèrent imperceptiblement vers le Supermarché. Soudain, c'est le chaos. Une bête poilu au regard rouge lui saute dessus. James se débat. Il sent ces forces l'échapper. Dans un dernier effort, il balance le monstre sur le mur. Miraculeusement, la bête s'en va, jugeant plus intéressant de se nourrir des croquettes pour chien, inerte, qui ne tenterait pas de l’assommer. Le répit fut de courte durée. Déjà d'autres mi-rat mi-écureuils le menaçaient. Il prit la première arme qu'il avait sous le nez, un bâton léger et solide, certainement un manche à balai. Je ne vais pas tenir longtemps. Et la bataille commença...
I am TOUPOUTOU
TOUPOUTOU POWER!!
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08-01-2012 à 01:15:15
Texte allongé

Eddy marchait dans le village, faisait le tour des maisons, pour une raison qu'il préférait ne pas dévoiler. En fait, il n'y avait rien à faire ici. Tout le monde chialait, c'était une communauté de mollusques. Seul le "doyen" semblait être un minimum actif ici - mais bien sûr Eddy avait oublié son nom - et encore. C'était presque certain qu'il n'avait jamais eu recours à une arme.
Le jeune homme effleura le manche en métal de son couteau de survie accroché à sa ceinture. Peut-être en aurait-il besoin maintenant que le monde avait changé. Et ce regard que les gens lui lançaient... Ils semblaient avoir confiance en lui. Il n'était pourtant pas du tout un homme de confiance. Il les vendrait tous si cela pouvait sauver sa peau de ce merdier. La forêt faisait de drôles de bruits la nuit et était devenue un gigantesque labyrinthe de végétation. Qui sait quel genre de saloperies se cachait là dedans ? Pas le dieu de ces mollassons de citadins, en tout cas. S'il avait existé, ils ne seraient pas dans ce bordel. Et s'ils crevaient tous, ce serait leur faute.
Eddy réalisa qu'il faisait le tour du village pour se rassurer. Il n'y avait rien d'inhabituel. Mais un type hurla pas loin de l'endroit où il se trouvait. Il s'y rendit sans se presser. Une foule s'était rassemblée autours de quelques personnes. Il y avait un blessé, d'après ce que remarqua le jeune homme, et pas un petit bobo. Il allait peut-être crever, mais après tout c'était pas important. Un chialeur de plus ou de moins, qu'est-ce que ça changeait ? Plus ou moins de vivres pour lui. Qu'il crève cet abruti.

L’œil avisé de l'indien remarqua immédiatement la manière dont le leadeur se détacha du rassemblement. Pourquoi ? Il devait savoir : Eddy le suivit à pas feutrés. D'ailleurs, il marchait comme d'habitude. Il n'émettait pas le moindre son dans sa démarche, comme d'habitude, à part peut-être le frottement de ses vêtements, mais il n'y pouvait rien.
Le doyen se dirigeait vers le supermarché. Pourquoi y aller ? Ce n'était pas vraiment un endroit pour réfléchir. Le regard vif d'Eddy remarqua une boule de poil rousse sur le toit du magasin. Quelle bestiole horrible... Le meneur perdu dans sa rêverie ne la remarqua pas. Mais quand elle se jeta sur lui, il la repoussa et se saisit d'un bout de bois en voyant d'autres bestioles lui foncer dessus. Eddy n'interviendrait pas pour le moment : Il voulait voir le grand chef à l’œuvre.
Le spectacle était divertissant, le jeune adulte se défendait maladroitement mais efficacement contre ces animaux pour le moins étranges : Des genres de mains fines à la place des pattes, dont les doigts étaient dotés de griffes impressionnantes. Des têtes de rats touffues, d'où sortaient d'horribles dents de rongeur jaunes - certainement porteuses de maladies nouvelles. De petits yeux vicelards à souhait, rouges comme ceux d'une souris albinos. Un pelage brun-roux tirant sur le gris et sulfureux comme celui d'un écureuil. Et pour finir, une queue toute aussi explosive donnant presque envie de la caresser. Le doyen ne faisait que retarder le moment de sa mort. Frapper avec si peu de force un animal de la taille d'un chat, c'était presque inutile. Les prédateurs n'avaient même pas l'air intimidés. Ils reculèrent tous en même temps. Ils prirent une sorte de formation militaire. Eddy sentit venir les vraies emmerdes.
Si ces bêtes étaient intelligentes, elles pouvaient s'organiser comme le feraient des rats. C'était dangereux. Le jeune homme sortit une bouteille sensée contenir du whisky, mais qui contenait un autre genre de liquide. Il en versa un peu du contenu sur la lame de son couteau, rangea la petite bouteille en argent, et s'avança d'un pas assuré vers la scène de combat. Le leadeur semblait content de le voir arriver, surtout avec une arme digne de ce nom au poing.

Le poison paralysant sur la lame de l'ancien assassin ne lui serait pas inutile.

Les animaux semblèrent se méfier de lui. L'effet que ses yeux provoquait aux humains ferait-il l'effet inverse sur les animaux ? C'était une théorie à creuser.
Ils se dispersèrent lentement, émettant de petits couinements pour communiquer. Il commencèrent à les encercler : Mauvais plan.
-Ne les laisse pas t'encercler, dit Eddy à l'attention de son compagnon de fortune.
Puis avant même que le jeune adulte ne lui réponde, l'indien fonçait déjà sur les petites bestioles. L'une d'elles lui bondit dessus en poussant un cri aigu, et rata son assaut pour se faire entailler le torse. Elle retomba au sol comme un vulgaire sac de plomb, et ne bougea plus seulement quelques secondes plus tard. Ses congénères alternaient les regards entre leur ami qu'ils devaient penser mort et l'ex assassin. Eddy n'avait pas envie de jauger les animaux. Il était déjà agacé par ce combat qui s'annonçait médiocre.
Il s'aperçut que l'autre idiot et son bout de bois n'avaient pas bougés.
-Bats-toi, ou meurs, lui jeta-t-il comme un filet de venin. Je ne chercherai pas à te sauver si tu ne te défends pas. Prouves-moi que tu es un survivant.
Ces mots semblèrent le blesser dans son orgueil, et il raffermit sa prise sur son bout de bois. Il ne prit pas le temps de réfléchir, et cogna le prédateur le plus proche. La bataille était engagée. Eddy avait remarqué que ses adversaires s'étaient un peu plus dispersés autours de lui entre temps. Ils lui sautèrent dessus tous en même temps. Celui à sa droite sur sa jambe, celui devant sur son visage, et celui de gauche sur son bras. Il se jeta en avant, passant sous le mangeur de visage, l'attrapa par la queue, et fit un tour sur lui même pour le lancer sur l'un des deux autres. Le choc brisa quelques os tant il fut violent.
Le troisième se jeta sur lui à nouveau, et fut attrapé par le cou avec une telle force qu'il fut stoppé net. La petite chose gémit faiblement en plantant ses griffes dans le bras gauche du jeune homme. La douleur le percuta comme un électrochoc et le fit hurler, resserrant sa prise sur le cou de l'animal qui n'avait presque plus de force. D'autres se ruèrent sur lui pour sauver leur congénère. Eddy ne put le lâcher, et cogna les autres avec le corps figé du petit animal. Le sang des bestioles coula en giclées morbides.

Les autres, qui s'occupaient précédemment du leadeur, s'étaient focalisés également sur lui. Éliminer le plus grand danger en premier, c'était logique. Heureusement que le meneur en avait tué ou assommé quelques uns. Eddy était déjà surmené par les prédateurs. Son "compagnon" en frappait quelques uns pour l'aider, ce qui était le bienvenu.

Le combat fut terminé en moins de dix minutes. Les rescapés avaient fuis dans la forêt sans demander leur reste. Quand l'ex assassin fut certain qu'il n'y en avait plus, il retira une à une les griffes de l'animal encore coincé dans sa main. Une fois cette tâche délicate accomplie, il retira ses doigts qui s'étaient plantés dans le cou de sa proie. Ses doigts étaient couverts de sang. Son bras était couvert de griffures. Ses vêtements étaient aspergés de sang. Heureusement pour lui, il n'avait pas subi d'autres blessures.
L'autre finit par lâcher son bâton, hors d'haleine - tout comme lui.
Il s'approcha et lui dit quelques mots vides de sens pour le jeune homme. Tout ce qui importait, c'est qu'il avait prouvé sa valeur. Il n'y avait pas que des mollasses dans ce village, finalement.

Lorsque je te serre la main, c'est une souffrance que j'appréhende. Tu ne sentiras pas le tonnerre de ma haine s'abattre sur ta nuque. Tu ne pourras que pleurer, et saigner. Saigner autant que mon dégoût le désire. Je me délecterai du spectacle macabre de tes chairs broyées sous mon poing vengeur. Personne n'est innocent.
08-01-2012 à 03:03:31
Le feu crépitait joyeusement, brasero d’espoir face à la nuit qui s’apprêtait à tomber.
Mais pour l’instant, le coucher de soleil embrasait la plaine de Floride de milles couleurs. Le monde se retrouvait ainsi paré comme pour un carnaval, prêt à assister à un étrange feu d’artifice. Et autour du brasier, deux silhouettes s’agitaient. La première était allongée, les bras passés derrière la tête, les oreilles couvertes par un imposant casque et une bulle de chewing-gum se formant entre ses lèvres.
Tsuyoshi profitait tranquillement des dernières minutes de la journée, il paressait tranquillement auprès de la chaleur du feu.
Quant à la seconde, elle n’était qu’exubérance. D’une longue chevelure d’un roux éclatant, elle approchait à grands pas du jeune homme. D’un geste négligeant du bras, elle jeta quatre masses informes à côté du feu. Elle s’allongea autour de son compagnon et passa négligemment les bras autour de son cou. Ils étaient comme ça, Tsuyoshi et Johanna.
Sa voix s’éleva.

- Tsu, Tsu, mon pauvre Tsu. Pendant que tu ne faisais rien, MOI je suis allée chercher de quoi manger. J’espère que tu aimes les oiseaux. Termina-t-elle en se pourléchant les lèvres.
Le jeune japonais répondit d’un grognement, la musique que crachait son baladeur couvrait presque tout le reste pour lui. Prise d’un soudain instinct joueur, la rouquine souleva le casque de Tsuyoshi et lui mordit gentiment le lobe de l’oreille. Le jeune homme poussa un léger soupir, ce qui fut loin de décourager Johanna. Taquine, elle tenta d’écouter ce qui sortait du casque de l’étrange Samouraï.
- Qu’est ce que tu écoutes ?
- "Come On, Come On" de Smash Mouth, ma chère. Répondit le jeune homme dont les doigts battaient la mesure.
Elle releva vivement la tête et lui tira puérilement la langue.
- Pouah ! Encore ta musique de vieux ?!
-- Another day in the sun --
En effet, Tsuyoshi n’écoutait que ça, de la "musique de vieux", le plus récent des albums de son lecteur datait de 2013.
Johanna prit un air autoritaire, bien que ses yeux pétillaient encore de taquinerie, et s’exclama de sa voix amusée.

- Tu vas devoir te faire pardonner ton mauvais goût.
Un nouveau jeu, encore et toujours. Avec la rouquine, tout se résumait en un jeu perpétuel, aux dérivées sensuelles. Telle un félin, elle s’étira au dessus de son compagnon avant de s’allonger sur lui. La jeune femme joua un instant avec les cheveux de Tsuyoshi, ne renonçant à rien pour s’amuser. Ce dernier poussa un autre soupir, mais il n’arrêta pas les puérils jeux de Johanna.
Il ne l’avait jamais fait depuis les deux semaines qu’ils se connaissaient.
-- Having fun --
Elle se pencha en avant et l’embrassa à pleine bouche, profitant de l’occasion pour lui voler son chewing-gum. Puis la jeune femme se redressa, triomphante. Elle lui tira narquoisement la langue et s’éloigna. Tsuyoshi poussa un troisième soupire et sortit un autre chewing-gum.
Le soleil allait se coucher dans les minutes à venir, le feu ronflait tranquillement et Johanna y faisait cuire les oiseaux qu’elle avait rapportés, il pouvait bien s’accorder un peu de repos…

-- Feel the heat beating down on me
I take a look in the sky
A plane goes by
Is that the reason that I can breathe? --


Tsuyoshi se réveilla à peine une heure plus tard, Smash Mouth tournant toujours en boucle dans son casque. Il se redressa sur les coudes et jeta un coup d’œil aux alentours.
Les branches ramassées à l’orée de la forêt brûlaient toujours aisément et à côté du feu était posé un oiseau trop cuit et certainement froid. Néanmoins, aucune trace de Johanna. Cela inquiéta Tsuyoshi. En effet, la nuit la rouquine devenait une autre personne. La journée, elle était joueuse, pétillante, taquine, autoritaire, puérile, sensuelle, indéniablement féline. Elle pouvait alors faire penser à une grande enfant, une sucrerie dans ce monde ravagé. Mais de l’avis de Tsuyoshi, c’était la nuit qu’elle était la plus enfantine. Une fois le soleil couché, la jeune femme se transformait en une enfant apeurée, et perdue ayant désespérément besoin de protection et d’attention. Légèrement affolé par cette disparition, le jeune japonais se leva et parti à sa recherche autour de leur campement de fortune.
Les deux voyageurs venaient tout juste d’arriver en Floride, ils ne savaient rien de cette contrée et de ces dangers potentiels. Par précaution, Tsuyoshi posa la main sur la poignée de son katana, pour être prêt à toute éventualité.
Fort heureusement, il n’eut pas à dégainer, ni-même à affronter quoi que ce soit. La rouquine s’était juste éloignée d’une vingtaine de mètres du feu, elle était tournée vers la forêt. La jeune femme s’était accroupie, ses genoux ramenés sur sa poitrine par ses bras, elle se balançait doucement d’avant en arrière.
D’avant.
En arrière.

C’était il y a environ deux semaines, en plein milieu du désert de l’Arizona. Cela faisait plusieurs jours que Tsuyoshi errait sur la moto qu’il avait volé, mais elle était tombée en panne il y avait quelques heures. Par conséquent il marchait, sous le soleil de plomb de midi, les membres fourbus et le corps vide de toute énergie. Il n’y avait que sa musique qui rythmait ses pas, le poussait à avancer. Qu’est ce que c’était déjà ? Ah oui, du Billy Talent, "voices of violence". Enfin, il en était qu’il marchait, sans trop savoir où aller, sans trop savoir comment poursuivre sa vie.
Et puis, elle lui était tombée dessus. Oui, juste comme ça, venue d’on ne sait où. Une charmante masse de cheveux roux qui était apparue, pour une obscure raison, au dessus de lui. Le jeune homme s’était retrouvé à terre, la jeune femme assise à califourchon sur son torse. Ils s’étaient dévisagés avec stupéfaction, bien que la jeune rouquine avait l’air de trouvé la situation fortement coquasse. Elle éclata de rire, un rire qui respirait la joie de vivre, avant de se relever. Ne sachant que faire, le jeune japonais offrit un sourire à cette inconnue sortie de nulle part et se releva aussi. La jeune femme le regarda avec méfiance et, avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche, elle le mitrailla de paroles.
- Hm, mais qui tu es ? Tu me veux du mal ? Ne m’approche pas, hein. T’es un méchant ? Tu veux jouer ? Ou pas ?
- Euh… Put seulement dire le jeune homme avant qu’elle ne le coupe.
- Ah mais si tu m’as rattrapée comme ça, tu ne dois pas être un méchant. Donc je peux te faire confiance ?
- Ben… Oui, j’imagine.
Tsuyoshi ne comprenait rien à cette hurluberlue qui parlait sans s’arrêter. On aurait dit qu’elle avait cessée de respirer.
- Ouais alors on est ami. Oké ? T’as une pelote laine, là ? D’ailleurs j’ai faim, t’as a mangé ?
Elle commença à lui tourner autour, l’évaluant d’un œil taquin.
- Mais dis-moi, t’es plutôt pas mal. Il te manque peut-être un peu de fourrure, mais sinon…
Elle se mordilla légèrement la lèvre, se colla à lui un fugace instant avant de reculer et de continuer son débitage incompréhensible.
- C’est une épée ? ça coupe ? T’écoutes de la musique ? Il fait beau, non ? On est où ?
Pendant qu’elle lui sortait tout et n’importe quoi, le jeune homme put l’observer en détails. L’inconnue possédait une abondante chevelure rousse qui possédait un charme certain, comme un coucher de soleil. Ses oreilles, anormalement triangulaires, dépassaient distinctement de cette masse. Son visage possédait lui aussi un charme qui ne pouvait pas laisser Tsuyoshi indifférent. Le plus étonnant, c’était ces-
- T’as d’beaux yeux, tu sais ?
- Euh…
- Ouais, d’ailleurs c’est marrant, parce qu’en fait, t’as les mêmes yeux que moi. Alors si je dis que j’ai des beaux yeux, alors je dis que toi aussi t’as des beaux yeux. Et si je dis que t’as des beaux yeux, alors je dis aussi que j’ai des beaux yeux, tu vois ? Oui bien sûr. C’est marrant, je trouve ça. Mignon.
Elle se colla de nouveau à lui, presque prête à ronronner. Tsuyoshi avait l’impression de nager en plein trip, ou alors il était bourré. Mais une belle inconnue qui lui tombe dessus et qui lui dit qu’il a de beaux yeux après dix minutes de conversation, c’est surréaliste. La jeune femme posa un indexe inspecteur sur sa joue avant de reculer de nouveau en riant.
- Mais il te manque quand même de la fourrure ! Dis, tu aimes les oiseaux ? Je veux dire, les manger, hein.
Et la voilà repartie dans son baragouin, ses yeux pétillaient de malice, elle avait l’air de s’amuser follement.
Finalement, au terme de ce monologue, elle passa les bras autour du cou de Tsuyoshi.

- Je t’aime bien, toi. Dit-elle, soudainement sérieuse.
Elle recula de nouveau et sa voix reprit ses accents joyeusement taquins.
- Au fait, moi c’est Johanna !

-- I take a look and I wonder why
Why these birds don't fly
It's hard for me to see and believe --


Il n’ose pas s’approcher d’elle, elle semble pleurer, ou du moins aller mal. Il hésite encore, ne sachant que faire pour l’aider. Elle porte une de ses tuniques, c’est peut être trop grand mais c’est déjà mieux que le pyjama dans lequel elle était lorsqu’ils s’étaient rencontrés. Bon, il en a vu pire Tsuyoshi, il ne va pas fuir face à ça. Ce serait lâche. Et ça, son code du Samouraï lui interdit.
Prenant une grande inspiration, le Loup s’approcha de la chatte. Elle tourna la tête dans sa direction, lui montrant son visage qui, heureusement, n’était pas ravagé par les larmes. Mais dans son regard, une profonde mélancolie était ancrée. Cette nostalgie, le jeune homme l’avait souvent aperçue dans le regard de la "Johanna du soir", cette tristesse insondable, cette mélancolie douloureusement profonde. Le jeune japonais n’avait jamais cherché à en savoir plus, pour ne pas creuser cette plaie, il essayait juste de la combler avec de l’affection. C’était fou à quel points il s’était attaché à elle durant cette courte période…
Johanna fixait la forêt avec une douleur dévorante, et une envie plus grande encore. Elle faisait peine à voir, ainsi blessée, ainsi apeurée.
Tout ce qu’elle voulait c’était revenir en arrière.
En arrière.

-- Come on, come on
And tell me
What you're thinking
Come on, come on
And stop --


Le vent qui hurle, la route qui défile à une vitesse hallucinante, le moteur de la moto qui rugit. Il roule à tombeau ouvert, Tsuyoshi. Et Johanna derrière, elle a l’air de bien s’amuser, même si elle se méfit de l’engin. La moto en question était une superbe Harley Davidson, même si elle manquait un peu de place. La jeune femme s’était collée à son, compagnon, elle riait aux éclats et, même si le jeune japonais ne pouvait pas voir son visage, son regard devait resplendir de bonheur.

- Joue un peu avec moi… Souffle sa voix à l’oreille de Tsuyoshi.
Alors soudain, elle lui cache les yeux de ses mains. Le jeune homme poussa un juron mais resta calme, en plein désert de l’Arizona, il n’y allait pas avoir grand-chose pour les arrêter. Plusieurs minutes s’écoulèrent ainsi avant que Tsuyoshi ne commence à vraiment s’inquièter.

- Bon, Jo’, arrête maintenant.
- Mais roh, t’es pas drôle-eu.
- Si on a un accident, ça ne sera drôle non plus…
Il la sentit faire une moue mais elle consentit tout de même à arrêter d’obstruer son champ de vision. Mais peu importait, car la moto tomba en panne d’essence une centaine de mètres plus loin. Tsuyoshi soupira.
- Bon, on va devoir marcher… Tu viens ?
Elle ne lui répondit pas, se contentant de détourner la tête d’un air buté. Son compagnon poussa un nouveau soupir, il l’avait froissée en la stoppant dans son jeu.
- Allez, viens. Comment je ferai sans toi ?
La caresser dans le sens du poil, c’est ça qu’il devait faire, flatter son égo.
- Sans toi, ça sera triste, ça sera sombre. Allez Jo’, viens.
Bien qu’il refusait de se l’avouer, il y avait une grande part de vrai là dedans.
- Sans ta merveilleuse personne à mes côtés, ça ne sert à rien d’avancer.
Il avait gagné, il le sentait. Il voyait ses joues rosirent, elle se tourna légèrement vers lui.
- Allez viens. Tu veux un chewing-gum ?
Cette fois, elle lui adressa son resplendissant sourire mutin habituel, totalement conquise par ces mots. Elle s’approcha de lui en courant et lui sauta au cou.
Ils basculèrent en avant.

-- This attitude is taken
Come on, come on
And tell me
What is taking so long
For you to recognize
And stop --


Que dire? Que faire? Tsuyoshi ne sait pas, comme n’importe qui dans sa situation.
Alors il fait ce que tout le monde ferait.

- Eh Jo ? ça va ?
Question stupide, évidemment que ça n’allait pas.
-- I find myself looking pretty stupid --

09-01-2012 à 17:48:43

C'était une vieille bâtisse, une de celle qui a sa petite histoire, ainsi que toutes ces choses qui vont de pairs. On l'estimait environ à une petite centaine d'années, peut-être un peu plus ; pas de jolie plaque pour en témoigner. Elle n'était pas franchement belle, même plutôt... moche. Et d'un moche qui se voulait sa part d'affreux. Il y avait une figure décrépie, jaunâtre et qui partait en lambeaux, découvrant les bouts d'un mortier pâlichon. Le perron tombait directement sur la rue, pas la plus passante à vrai dire. On remarquait alors une niche dans le mur, une Vierge y perdait quelque peu la tête. Une grande porte de grange, faîte d'un bois qui s'était un jour voulu jeune, deux fenêtres au rez-de-chaussée, trois au premier étage ; le tout formait un ensemble magnifiquement vilain, avec ces rideaux blanchâtres d'un temps immémorial. Au grenier, un œil-de-bœuf surplombait le décor.
L'intérieur, lui, pouvait être qualifié de "typique". Une cuisine, un salon, trois chambres auxquelles on accédait par un escalier casse-gueules, le tout dans une impression d'étroitesse et de renfermé. Cette partie habitable était un petit nid, un petit nid où l'on aimait se réfugier. Une cuisinière ayant passée le cap de la cinquantaine trônait, répandant sa chaleur dans l'habitat.
Derrière, accolée à la maison, une sorte de grange. On y trouvait du bois à foison, rassemblé en une montagne hétéroclite. Également, du foin, qui ne manquerait sûrement pas avant belle lurette... Le toit côtoyait les anges.
Ensuite venaient l'étable et son unique habitant : la vache. Une belle Prim'Holstein, qui, semblait l'avoir compris Obrolan, avait mis bas depuis moins de deux mois. Elle tenait vaillamment sa petite dizaine de litres de lait par jour, comme avait pu le goûter le jeune adulte. Estelle, comme l'avait surnommée Obrolan, sortait tous les jours dans le petit carré d'herbe derrière la maison, non loin de Juliette et Irène, les deux chèvres de Jo. Philippe, quant à lui, restait un peu à l'écart, Obrolan ayant constaté que certaines de ses pulsions ne profitaient guère à ses compagnes.
Au grand dam du jeune adulte, une partie de la maison s'était effondrée lors de l'Apocalypse, faisant le bonheur des habitants du poulailler ; seules réfractaires, treize poules qui n'avaient pas fui devant la chose, treize petites pondeuses qui recommençait depuis peu leur principale activité, au grand plaisir de l'homme.
Un petit chez-soi. Son petit chez-soi. Un matelas avait été installé dans la cuisine, préférant faire de la seule pièce chauffée son lieu à vivre. A ses côtés dormait Roussette, une grosse poule qui semblait s'être épris de lui. Rien de bien grave cependant, il avait trouvé quelqu'un à qui faire la causette. Il se sentait moins con ainsi.
Jo n'avait pas été quelqu'un de démuni : nourriture et autres choses essentielles étaient plus qu'abondantes, et l'on ne pouvait pas dire qu'il ne pourrait pas se défendre : un vieux fusil et quelques cartouches trônaient dans un coin, à l'abri des regards indiscrets. Magnifique.
De son ancienne maison, il ne restait rien ; l'Apocalypse avait tout ravagé. Tout juste avait-il pu sauver une besace, un peu de bouffe et d'habits, trois bouteilles de jus de citron et l'antique machine à écrire qu'il aimait utiliser. Le reste avait disparu. Sa vie avait disparu. Cependant, il devait se tourner vers l'avant, et ne pas faire cas de tout cela ; après tout, ils étaient tous dans la même mouise, aussi nombreux étaient-ils. Il n'était pas mort non ?
L'espoir fait vivre.
Au moins avait-il récupéré du Pulco...

Il s'était terré la première semaine, ne sortant que pour faire boire les bêtes et faire de pseudo-courses au supermarché. Tous l'avaient donc au moins une fois aperçu, menant son petit troupeau, la tête haute et son foulard sur le front. On avait préféré ne pas l'aborder, pour une raison qui lui était inconnue. Il ne s'en été pas plaint.
Comme tous, également, il avait écouté avec vénération le discours du dénommé James, avait bu ses paroles, les avait acceptées, comme l'on accepte une main secourable tendue vers soi. Comme une main que tous avaient aimé recueillir. Espèce humaine... Chère espèce humaine qui n'aimerait pas qu'on la compare à une vulgaire bête. Un mouton en l’occurrence. Il avait cependant senti du potentiel, mais la réalité ne pouvait être altérée... Ils mourraient dans peu de temps, tous. Mais peu de temps ? Que cela pouvait-il bien être ? Une heure ? Une semaine ? Un mois ? Cinq ans ? A quoi se résumait désormais leur vie ? C'était un truc qu'il ne pouvait envisager...
Ainsi, il écrivait, ses mémoires comme il les appelait. Un petit peu condescendant, certes, mais il sentait au fond de lui qu'il devait le faire. Pour eux, pour le reste de l'humanité, pour vivre. Des recharges d'encre, il n'en manquait pas encore ; mais tout avait une fin. Tout aurait une fin.


- Griffes... Partout ... Supermarché ... Vite
Il était là lorsque le blessé avait prononcé ces mots, il avait été parmi ceux qui avaient sentis la chose, il était celui qui avait accompagné les pas de James. Il était là lorsqu'Ils avaient frappé. Et il était resté dans son coin, comme un con, regardant l'inconnu voler avec dextérité au secours de ce qui semblait désormais le leader. Comme un con il n'avait pas fait le moindre geste. Comme un con il avait éprouvé un sentiment de plaisir lorsque les bestioles avaient fui. Il n'avait même pas levé le petit doigt.
Il avait la trouille ? Cela ne l'avait jamais pénalisé plus que cela dans sa vie d'avant, alors pourquoi maintenant ? On le qualifiait de tête brûlée, et de tout ce que l'espèce humaine peut trouver comme noms débiles... Alors pourquoi maintenant ?

- Autant pour l'héroïsme...
Obrolan s'avance, fait mine de courir -bah oui... tout de même... faut au moins avoir l'air crédible- et stoppe brutalement devant les deux hommes qui retrouvent leur souffle. Couvert de sang, de bleus, exténués, il ne semble pas se rendre compte de la présence du jeune adulte, bien que les yeux de l'inconnu soient pointés sur lui. Scrutateurs.
A ce moment-là, que peut-on vraiment dire ? Rien, à moins que l'on veuille se dévaloriser au possible.

- J'ai de la bouffe, une cuvette d'eau chaude qui attend. J'ai quelques rudiments de médecine et j'aimerais parler de ces bestioles, fait le jeune homme en jugeant les deux individus.
Il place ses mains en signe de dénégation.
- Mais vous faites comme vous voulez après tout... Ce serait con de ne pas accepter l'aide dans de pareilles temps. Vraiment con.
Obrolan croise les bras sur son torse, tente de paraître le plus avenant possible, sans avoir l'air foncièrement lèche-cul.

For Vita, For the Freedom : http://www.youtube.com/v/dZLcBLmph3Q
11-01-2012 à 12:17:26
Il marchait dans la poussière sale, encrassé jusqu'au coup. Une lueur d'espoire résonnait dans son crâne. Une lueur dans le crâne ? Un espoir vaint, plutôt. Oui, un espoiur vaint de retrouver quelqu'un vivant. Il avait toujous son vieux iPod6. Il écoutait en boucle des chansons millénaire. Oui, quarante, cinquante ans, ces chansons.

Here our soldiers stand,
From all around the world.
Waiting in a line,
To here, the battles cry.


Il bascula la tête de haut en bas.

Wer're aone, are fighting.
For Metal, that is true.
We own the right to live in the fight,
we're here, for all of you !


Il hurla : Brothers Everywhere ! Raise your hands into the airs ! Like Thunder from the sky, sworn to fight and die ! We're warriors of the world !

Il continua la chanson, sifflotant le bruit d'enfer de la basse et de la guitare qui scillait ses oreilles.

Il marchait, toujours tous droit dans la poussière.

If I should fall,
In battle,
My brothers who fight by my side !
Gather my horse and weapons,
Tell my family how I die ...


Il arrêta la musique. Qui se souviendra de lui ? Si il meurt dans les minutes qui suivent, qui saura qu'il s'appelle Piotr+Gargaroff ? Qui le mettra en terre ? Une boule se forma dans sa gorge.
Il marmona quelques paroles. Piotr s'assit, et ramassa un peu de poussière. Il la jeta autours de lui. Il réfléchis que il devrait à un moment ou un autre combattre, ou tous du moins chasser.Alors, il se releva. Il trouva une sorte d'arbuste sec, mais les branches étaient assez droites pour faire des lances. Au fait de son poche, un couteau-suisse attendait passiament d'être déplié.
Il aiguisa de son canif les pointe. Avec l'outil micro-chalumeau, il fît un petit feu et durcit les pointes. Cela fait, il prit sous le bras douze lances, et marcha. Vers lest, toujours, vers l'est.

Fukin' Epic.
14-01-2012 à 14:45:36
La bataille fut courte, mais intense. Les "Ecurats" , comme il les avait surnommé, s'acharnait à percer sa défense. Il faiblissait, mais miraculeusement, un habitant arriva pour l'aider. Il était armé d'un couteau et tuait en grande pompe les écurats à sa portée. Bientôt les écurats le délaissèrent pour se concentrer sur mon compagnon d'infortune. James avait donc champ libre pour courir et s'enfuir, en laissant son sauveur seul. Il n'en fit rien. James prit son courage à deux mains et s'élança courageusement sur les bestioles en train d'encercler l'autre homme. James s'acharna et réussit à tuer quelques écurats et à mettre en fuite les autres. Bientôt les petits monstres se replièrent et disparurent. James, épuisé, couvert de bleu, allait s'évanouir d'un instant à l'autre. Il arriva tout de même à tenir bon, du moins pour l'instant. Puis, un jeune homme, hébété, s'avança vers eux. Il devait avoir vu toute la scène, mais il n'avait pas bougé le moindre petit doigt pour venir les aider. Comme pour se rattraper, l'homme leur proposa d'aller se reposer chez lui. Ils acquiescèrent et sans dire un mot, suivirent le gentilhomme. La journée se terminait lentement. Le soleil disparaissait à l'horizon. Le petit groupe arriva à une imposante maison, une sorte de ferme. Toujours sans un mot, ils entrèrent et James s'écroula sur le sol tapissé.
Lorsqu'il se réveilla, il avait un gout pâteux dans la bouche et était allongé sur un canapé. Il se releva et sortit par la fenêtre. Les étoiles scintillaient doucement dans le ciel. C'était une nuit sans lune, mais pourtant autour de lui, James voyait tout nettement. Il voyait la ville en contrebas, il voyait la jungle, il voyait le lac et il voyait ... Il voyait le chêne. Il voyait le chêne et ses lumières. Il voyait les feux éclairés sa masse verte, son feuillage plein de vie. Il voyait tout et se sentait puissant dans ce monde calme et reposant. Puis miraculeusement, sans raison, ses membres se relâchèrent, ses blessures cicatrisèrent pour finir par disparaître. Ses bosses mauves virèrent au vert puis lentement s'affaissèrent et disparurent. Sa peau ne retenait plus aucune trace de son combat contre les écurats. Puis, il vida son esprit. Il ferma les yeux et se laissa aller. Ses sentiments, ses souvenirs déferlaient en lui. Sa haine, sa hargne l'habita durant un bref instant, avant de disparaître. Le calme et la sérénité revint et là, en ce moment, il n'aurait pu ressentir ou penser de mauvaise chose sur qui que ce soit. Il était vidé de tout ce qui l’excitait et l'énervait. Puis son esprit pratique revint au quart de tour. Il lui fallait une arme. Il marcha dans les rues, calmement, à la recherche de sa maison. Voilà deux ans, il avait commencé le jeu de rôle apocalyptique. Le but très simple de ce jeu était de survivre durant une semaine avec très peu de nourriture. Il avait vite été passionné par ce hobby. Il en avait été jusqu'à acheter des équipements de survie. Il avait donc chez lui tout un attirail de fausses armes et armures. C'était une vrai caverne d'Ali Baba. Peu de temps plus tard, il ouvrit la porte de sa maison et se dirigea vers sa chambre. Il ouvrit son armoire et regarda sa fierté. Devant lui, un arc stylisé en parfait état de marche et des flèches à embout en mousse qui avec de très légères modifications conviendraient parfaitement comme projectiles. Il prit l'arc et le carquois de trente flèches et les déposa sur son lit. Il continua a farfouillé et ressortit sa vieille cotte de maille... C'était lorsqu'il n'avait à peine que 13 ans. Il devait créer un déguisement de chevalier pour une fête d'anniversaire. N'ayant pas assez d'argent, il avait décidé de créer sa propre panoplie. Il avait donc acheté une bobine de fer et avait patiemment pendant une semaine, maille par maille, façonné une cotte de maille en état de marche. Il enfila la cotte et repartit dans ses investigations. Il n'en ressortit que un fourreau où déposer des couteaux et un protège-bras en cuir. Il enfila le tout et alla dans sa cuisine et en ressortit avec quatre couteaux qu'il aiguisa et rangea dans son fourreau. Il s'attaqua ensuite avec une des lames à enlever l'embout en mousse et à aiguiser la pointe des flèches. Cela lui prit des heures, mais finalement après de nombreux efforts, il avait trente flèches pointues, prête à tuer. Il n'allait plus se laisser faire et allait prendre les choses en mains. Il ne subirait plus et prouverait au monde qu'il était quelqu'un, qu'il était lui et que cela suffisait! Il ressortit dehors et malgré qu'il se soit passé plus de six heures depuis qu'il était parti de la ferme, il faisait toujours noir. Il marcha vers la place, décidé à prendre la parole à nouveau et à informer les survivants qu'une autre espèce voulait la suprématie et qu'ils allaient devoir se battre pour survivre...

I am TOUPOUTOU
TOUPOUTOU POWER!!
14-01-2012 à 19:31:59
Un ouragan. Une tornade. Des souvenirs. Une arrivée. Des humains. Ô abhorrées créatures.

Evilyn s'éveilla enfin. Elle avait passé une mauvaise nuit entourée de solitude. Cachée dans un vieux garage abandonné ne contenant qu'une carcasse de voiture hors d'usage ainsi que quelques outils divers, elle vivait sur ses faibles réserves depuis...L'incident, qui s'était produit une bonne semaine auparavant. Dire que c'était dans ce village perdu de Floride qu'elle échouait pour la "fin du monde". La jeune fille eut un sourire ironique alors qu'une rage muette s'allumait dans ses prunelles rouges. Il y avait eu un nombre tellement élevé de prédictions à propos de la fin du monde au travers des siècles que c'en était risible. Ces pathétiques humains ont toujours aimé se faire peur pour, paradoxalement, se rassurer. Mais le plus amusant fut qu'aucune alerte d'un quelconque illuminé n'avait prédit celle-là, la fin du monde d'Octobre 2023.
Mais quoi qu'il en soit, elle se devait de survivre, ne serait-ce que pour voir les autres tomber...Et à la mémoire de Ses yeux bleus-gris si Sa vie s'était arrêtée en même temps que celle de milliers d'autres âmes...

Evilyn se redressa, s'extirpant péniblement de ces tristes pensées, et avança sans hésitation vers le coin de sa cachette où elle pouvait sortir. On y sentait des relents de moisissure qui imprégnaient les boiseries, mais elle s'estimait heureuse d'avoir trouvé ce recoin où s'abriter. Elle observa une fois de plus ses congénères à travers les fentes laissées par les planches vermoulues. Comme les jours précédents, elle ne vit aucun enfant, ni aucune personne qui semblait âgée de plus de trente ans. Pourquoi seule une tranche de la population était présente dans cette ville, elle n'en savait rien. Surtout qu'avant le "basculement", elle avait bien remarqué de dégoûtants enfants et de répugnants vieillards à Pahokee...Mais qu'importe, ces immondices avaient (momentanément ?) disparu de son champ de vision et elle ne s'en portait pas plus mal.
Étonnamment, Pahokee s'était organisée très vite, elle avait pu entendre un des survivants haranguer la foule et saisi l'essentiel de son discours. Si elle avait été d'humeur joyeuse, elle aurait peut-être même ri. Mais dorénavant elle se devait de sortir, parce qu'à un moment, il fallait bien sortir, puis qu'elle était curieuse de savoir si certaines personnes dans le coin avaient un peu plus de potentiel de la majorité de l'espèce humaine...

Evilyn attendit un moment le temps que la ruelle où débouchait son étroite sortie soit totalement silencieuse, puis elle se glissa furtivement entre deux planches en prenant bien soin de dissimuler l'entrée de sa planque, un lieu où se réfugier lui serait assurément bien utile dans ce monde désarticulé.


Elle était dehors et loin de tout. Il faisait nuit noire, mais elle voyait parfaitement chaque détail du monde qui l'entourait...Une nouveauté spéciale mais plutôt intéressante dans cet étrange monde inconnu. La jeune fille avança à pas de Loup, sa chevelure de jais se fondant parfaitement dans les ténèbres et dissimulant sa peau blafarde. Elle marchait vite, l'aurore ne tarderait plus et enfin elle saurait si dans cette ville, des esprits assez glorieux siégeaient pour que Pahokee, rempart dérisoire, puisse survivre à l’Apocalypse ou si dès maintenant elle devait quitter la ville pour tenter sa chance ailleurs, si tant est qu'il y ait encore de la vie "ailleurs"...
14-01-2012 à 22:06:52